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Octobre

Rideau !

Guy Bedos

 

"Ça devient dur d'être de gauche surtout quand on n'est pas de droite."

Cinquante ans qu'il s'allonge sur les scènes de théâtre ou de music-hall. Elles sont plus propres que les divans de psychanalystes. N'en déplaise à Freud, c'est sa psychothérapie à lui.

Il se lâche, balance, vocifère et purge, devant des salles combles qui rient et paient pour ça : " Je ne vais pas dépenser le double pour un type qui ne se marre même pas et qui n'applaudit jamais. " Il n'a jamais connu l'assagissement. Il attaque, pourfend.

Et tout y passe. Sa mère, les femmes, les mômes, le monde dans tous ses états et tous les états du monde. Le sport, les religions, les engagements, la droite en tête et la gauche en berne.

Pitre grave ou chimiste fou, Bedos écrit à l'acide, enrage et désespère. Tous les racismes le hérissent. Il passe au crible les défaites successives des socialistes divisés, les victoires de la bêtise arriviste et des leçons non retenues. Il fait scandale et des émules, énumère les peurs panique d'une actualité moins drôle que lui : maladies, terrorisme, ignorance, etc. Il provoque le mouvement, le réveil, la vigilance. Sketchs cultes, revue de presse, best of des best of, Guy Bedos se donne en spectacle en fauve acharné.

Il rend hommage à ses maîtres, Vian ou Prévert qui l'incitèrent à écrire, Signoret, sa " grande soeur et son prof de Sciences Po ". Il sort les griffes partout ailleurs. Il en a ras-le-bol, Bedos. Il a tout dit sans radoter.

Dernier coup de gueule. Dernier spectacle, premiers adieux, " rideau ! " dit-il. Il promet d'arrêter là. Il va ouvrir les vannes, lancer les dernières salves et essayer chaque soir d'enfin mourir sur scène. Pour conjurer la mort en riant.

Et si tout va bien, recommencer.

Distribution

Mise en scène Roger Louret
Son Jérôme Calippe
Éclairages Michel Kachintzeff
Poursuite Jean-Marie Bigand
Habilleuse Véronique Harivel
Tour-manager Sabrina Guedon
Production Jean-René Pouilly pour Karavane

De et par Guy Bedos

Crédits photo Max Collin & Giovanni Cittadini Cesi

Guy Bedos

A une enfance en Algérie succède une adolescence en France où, quelques années plus tard, Guy Bedos entre à l’Ecole de Théâtre de la rue Blanche. En 1965, il débute au music-hall aux côtés de Barbara puis forme un duo avec Sophie Daumier.
Il se lance quelques années plus tard dans une carrière solo, tout en s’affirmant comme un acteur accompli au cinéma. Cinéma où il est reconnu, notamment, pour son rôle récurrent de Simon, médecin étouffé par sa mère juive pied-noire très possessive, dans “Un Éléphant ça trompe énormément” et “Nous irons tous au paradis” d’Yves Robert.
Depuis, Guy Bedos a réalisé et interprété de nombreux spectacles, dont un avec Michel Boujenah et Smaïn intitulé “Coup de soleil” à l’Olympia et un en duo avec Muriel Robin en 1992, à l’Olympia  également.
Il a aussi joué dans des pièces de théâtre comme “La Résistible Ascension d’Arturo Ui” de Bertolt Brecht, mise en scène par Jérôme Savary, ou dans “Le Voyage de Victor” de son fils Nicolas Bedos qui en assurait la mise en scène.
Il a contribué régulièrement à l’hebdomadaire satirique Siné Hebdo, créé par le dessinateur Siné dont il avait pris la défense lorsque celui-ci fut accusé d’antisémitisme, jusqu’à ce qu’il cesse d’être publié.
Artiste complet, Guy Bedos est l’auteur d’une douzaine de livres depuis 1976.

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Avis de la presse

Guy Bedos, bouquet final
Ultime tournée à guichets fermés d'un humoriste et moraliste, qui pète la forme, et l'émotion Guy Bedos, 77 ans, l'a dit, répété. Rideau ! est son dernier spectacle après cinquante ans de carrière, son ultime tour de piste. Alors en selle, l'artiste !
Au Théâtre du Rond-Point, en ce 27 décembre, la salle est bondée, les strapontins ont tous été dépliés. La tournée se jouera à guichets fermés. Les fidèles sont là - jeunes, vieux - qui l'ont suivi dans ses combats, ont ri à ses sketches.
Ils sont venus se détendre, galvaniser - qui sait ? - leur ardeur militante et, sans doute, rendre hommage au comédien, à l'humoriste, à l'homme public. Peut-être certains l'ont-ils vu naguère à Bobino, au Cirque d'hiver ou à l'Olympia.
Et iront le voir au cinéma le 18 janvier dans Et si on vivait tous ensemble ?
Des roulements de tambour préviennent de son entrée. Bedos l'effectue à grandes foulées comme à son habitude. Chic, tout en noir, y compris la cravate. « Encore moi, désolé pour ceux qui croyaient être débarrassés » et de préciser que les résultats de son dernier check-up sont excellents. Il ajoute plus tard qu'il pourrait être le père de Christine Lagarde, de quoi lui filer un coup de blues, qu'il n'a, somme toute, que de deux ans de moins que Chirac. « On me dit souvent : «Vous ne faites pas votre âge.» Oui, mais mon âge me défait. » Jusque-là, le public, la scène, lui ont, n'en déplaise à Freud, servi avantageusement de psychanalystes, confie-t-il assis en bord de scène.
De son index pointé vers les spectateurs, il compte tous ceux qui l'ont aidé à tenir debout, à ferrailler encore et encore. Qui plus est, en payant leur place. « Je ne vais pas dépenser le double pour un type qui ne se marre même pas et qui n'applaudit jamais. » « Je m'indigne »
A l'annonce de sa revue de presse, cet exercice d'éditorialiste apparu entre deux sketches pour la première fois à l'Olympia en 1976, les applaudissements retentissent. « Ça va taper là ! J'ai la gerbe. »
De fait, Guy Bedos est en verve lorsqu'il passe en revue de récentes affaires qui ont éclaboussé la République, lorsqu'il décoche des flèches à Nicolas Sarkozy et à quelques-uns de ses ministres, Laurent Wauquiez, Claude Guéant. L'antiraciste sort de ses gonds, le délégué des droits de l'homme castagne ceux qui préfèrent chasser les sanspapiers, incriminer les immigrés, lutter contre la fraude sociale plutôt que contre la fraude fiscale. Fabius, aussi, est épinglé pour avoir étrillé de façon misogyne la candidate Ségolène Royal en 2007. S'ensuit la description de la crise financière couplée à la hausse du chômage qui fait le lit, la lie, de Marine Le Pen. « Stéphane Hessel nous demande de nous indigner. Je m'indigne. » Plutôt, il continue à le faire.
En clôture, il reprend son antienne, la vie est une comédie italienne. « (...) Comediante, tragediante. Tu ris, tu pleures. Tu pleures, tu ris. Tu vis, tu meurs. Tu meurs, tu vis... » Il avait confié que, lors des répétitions, le souffle parfois lui manquait pour l'interpréter : l'émotion. Elle l'étreint ce soir-là et nous aussi. Salut, l'artiste !
Macha Séry, Le Monde

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Mentions diverses

Spectacle créé à l’Avant-Scène de Colombes Produit par le Théâtre du Rond-Point / le Rond-Point des tournées avec le soutien de la SACD.

Humour

Mer|17|Oct 20h30

COMPLET

Durée 1h30

RÉSERVATION
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