Artistes en résidence

A l'affiche

Oncle Vania

d'Anton Tchékhov

Collectif Les Possédés

Le vieux et vaniteux professeur Sérébriakov est venu se retirer à la campagne, dans la maison de sa première épouse. Cette arrivée perturbe la vie paisible de Sonia, la fille du professeur, et d’Oncle Vania, qui à eux deux exploitent tant bien que mal le domaine. L’attention des proches, et de Vania lui-même, très vite se cristallise sur Eléna, la seconde et très désirable et jeune épouse de Sérébriakov. La crise éclate. Inévitable. Violente.

Puis, c’est, avec le départ du couple, le retour au calme. Mais c’est là que se révèle la véritable nature du drame : la résignation. Car c’est de cela qu’il s’agit : l’hiver à la campagne, le thé à sept heures du matin, les soirées interminables, le dégoût des autres et surtout de soi-même... L’ennui, comme une espèce de boue gluante dans laquelle ils s’enlisent, comme des sables mouvants qui les engloutissent tous.
Dans un dernier sursaut, ils sortent la tête, essaient de haïr, d’aimer, de tuer, de se tuer... Ils n’en ont plus la force, ni l’envie. Rien que de penser à tout ce qu’ils auraient pu être, à tout ce qu’ils auraient pu faire... Oui, mais quoi ? Ailleurs, sans doute, il existe autre chose, une autre vie...

Distribution

Texte Anton Tchékhov / Traduction André Markowicz et Françoise Morvan / Mise en scène Rodolphe Dana et Katja Hunsinger / Lumières Valérie Sigward / Interprétation Simon Bakhouche, Katja Hunsinger, Marie-Hélène Roig, Michelle Farges, David Clavel, Rodolphe Dana, Nadir Legrand

Le Collectif Les Possédés

En 2002, Katja Hunsinger et Rodolphe Dana décident de monter Oncle Vania d’Anton Tchekov. Pour mener à bien ce projet, ils font appel à Marie Roig, Nadir Legrand et David Clavel. C’est ainsi que le Collectif Les Possédés voit le jour.

En 2005, Christophe Paou, Katia Lewkowicz, Laurent Bellambe et Julien Chavrial rejoignent le collectif pour les spectacles Le Pays Lointain et Derniers remords avant l’oubli de Jean Luc Lagarce.
Rodolphe Dana choisit les pièces et distribue les rôles. Le travail des répétitions commence autour d’une table avec devant soi une brochure : l’approche de l’écriture se fait par étapes, c’est d’abord une vue d’ensemble qui s’affine en fonction de la richesse des regards, du degré d’intimité créé avec la matière en question et de la singularité des perceptions de chacun. Une aventure intérieure collective vers les enjeux cachés d’un texte, ses secrets et ses mystères. Comme une noyade consentie vers un fond luxurieux ou aride, qui nous permettra ensuite de retrouver l’oxygène d’une forme jouée.
La forme n’étant que la face émergente du fond. Son écho. Car la forme, ou bien le style, devra naturellement s’effacer au profit de ce qui n’est pas écrit, du silence, de la densité du silence qui a précédé l’invention de la phrase. Créer sans relâche des liens concrets avec le vécu d’un auteur, puis s’en détacher, se délivrer de sa force et de son emprise. Devenir plus fort que lui, le phagocyter, s’approprier égoïstement son oeuvre, avec la même force irréductible qu’un enfant avec son jouet : processus fatal, nécessaire à toute forme de survie !
Ensuite, nous passons au plateau : de l’intellect à l’organique. Le texte n’est pas encore su, nous travaillons à partir d’improvisation et nous voyons ce qui se passe. Et de constater que bien souvent l’intelligence n’est pas compatible avec les nécessités concrètes du jeu au plateau. Nous considérons cette partie du travail comme la possibilité de toutes les nullités. Nous essayons tout, y compris les choses les plus ridicules et les plus mauvaises. Tentatives d’échecs jusqu’à trouver les évidences. Ce que nous appelons évidence est en fait le point central où se rejoignent toutes les convergences trouvées et éprouvées entre un texte, un espace et des acteurs.
Nous partons de nous, avec nos défauts et nos qualités. On se sert de la complicité et de la connaissance que nous avons les uns des autres pour mieux construire nos personnages.

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Avis de la presse

LIBERATION / 15 février 2005 / René Solis
La pièce de Tchekhov servie par des acteurs épatants
Le Collectif Les Possédés emprunte son nom à Dostoïevski, c’est Tchékhov qui, depuis plusieurs mois, absorbe toute son énergie. Pour Oncle Vania, le metteur en scène Rodolphe Dana a travaillé sur la proximité. Les spectateurs qui pénètrent dans la salle sont d’abord invités à passer au buffet, où les attendent vodka et zakouskis. Puis ils prennent place sur des sièges installés de trois côtés. Au centre, une longue table. Les serveurs se transforment en acteurs : c’est parti pour deux heures de représentation au plus près du public.

Tout pour la voix et le geste, c’est du théâtre à mains nues, sans trucs ni triche, tenu à bout de bras par un épatant trio d’acteurs. David Clavel (Vania), Marie Roig (Sonia) et Rodolphe Dana (Astrov) donnent le ton et entraînent le reste de la troupe (Simon Bakhouche, Katja Hunsinger, Liliane Nataf et Nadir Legrand). Quelques ponctuations musicales, des bougies qu’on allume, un meuble qu’on déplace, suffisent pour animer la fête. Et transformer le théâtre en maison : on n’est plus dans la salle mais bel et bien au salon, avec les habitants de la propriété que l’arrivée du vieux professeur Serebriakov et d’Elena, sa jeune épouse, bouleverse, dans tous les sens du terme.

Le Collectif Les Possédés joue cela comme s’il découvrait la pièce en même temps que le public, dans un élan contagieux. Portés par la traduction d’André Markowicz et de Françoise Morvan, les mots de Tchékhov semblent s’adresser à chacun en particulier. Les baisses de tension les faiblesses de jeu donnent la mesure de la fragilité de l’entreprise, mais soulignent aussi une authenticité pas si commune.
Ce soir-là, Oncle Vania se donnait au centre culturel de Collégien, une descommunes de Marne la Vallée, avec une rue de village à peu près intacte entre autoroutes et hypermarchés. Pour les dernières représentations, le Collectif Les Possédés (dont certains ont travaillé avec l’acteur et metteur en scène Eric Ruf) retrouve la Ferme du Buisson à Noisiel. C’est là qu’elle est hébergée depuis plus d’un an et poursuit un travail de laboratoire sur le jeu d’acteurs, dont on reparlera sûrement.

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Mentions diverses

Production : Les Possédés / Coproduction : La Ferme du Buisson, Scène nationale de Marne-La- Vallée / Production-diffusion : Made in Productions / Les Possédés sont artistes associés à La Ferme du Buisson, Scène nationale de Marne-la-Vallée / Crédits photos: J. Louis Fernandez et C. Paou

Théâtre

catégorie B

durée : 2 heures

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